PROJET SCOLAIRE – Création de cartes Pokémon personnalisées (+ gabarit photoshop gratuit)

Alors que j’ai connu l’arrivée des premiers jeux vidéo Pokémon puis de la série animée à la TV Pokémon lorsque j’avais environ 15 ans, je suis encore surpris par le succès toujours incontestable de cette licence. Plus de 25 ans après sa création, les fameuses cartes Pokémon sont un incontournable des cours d’école. Et mes enfants n’échappent pas à la règle. Un bon prétexte pour réaliser un projet ludique et créatif dans le cadre d’un atelier à l’école conjointement avec le professeur.

MISE À JOUR DE L’ARTICLE
Après le premier atelier « Cartes Pokémon » réalisé dans la classe de ma première fille qui s’était avéré très constructif et enrichissant aussi bien pour les enfants que pour les adultes, nous avons réitéré l’expérience deux ans plus tard dans la classe de ma seconde fille, toujours avec leur professeur Guillaume.

J’ai donc enrichi l’article initial en ajoutant le récit de la seconde expérience. Vous trouverez le détail des deux ateliers de manière chronologique. La partie traitant du second épisode s’attache à expliquer les modifications et améliorations que nous avons apportées à l’atelier initial. Il est donc conseillé de lire l’article en entier pour avoir une vision complète. Vous pouvez accéder à chacune des parties grâce aux liens ci-dessous :

• Atelier Cartes Pokémon n°1
• Atelier Cartes Pokémon n°2

Premier atelier Cartes Pokémons à l’école de Boussières

D’une simple activité estivale…

Durant les grandes vacances, je regardais mes filles de 5 et 7 ans trier leurs cartes Pokémon et débattre de laquelle était la plus belle. J’ai alors eu l’idée de leur proposer de réaliser leur propre carte Pokémon, unique au monde, qu’aucun de leur petit camarade n’aurait. 😉

Nous avons scanné une carte existante et je leur ai montré comment la retoucher sous Photoshop : suppression du texte d’origine, modification de la couleur du fond, intégration de nouveaux éléments texte et image… Pour ce premier exercice, je leur avais dessiné l’animal imaginaire qu’elles m’avaient décrites. Elles m’ont ensuite dicté leurs textes personnalisés et nous avons finalisé les cartes :

… à un projet scolaire

Lors de la réunion de rentrée de ma fille, son professeur de CE1, Guillaume Rossigneux, expose sa vision de l’année à venir. Je suis très enthousiaste à sa façon d’aborder l’apprentissage pour le rendre plaisant aux enfants.

Alors que ma fille me demande si elle peut apporter sa carte Pokémon personnalisée à l’école pour la montrer à ses copains, j’ai comme une idée. Vu l’approche pédagogique très intéressante de Guillaume, je lui explique l’activité estivale que nous avons fait en famille et lui propose de la décliner sur un projet scolaire. Proposer à chaque enfant de la classe de réaliser SA carte Pokémon; prétexte pour travailler aussi bien l’imagination, la rédaction, le dessin, tout en faisant une initiation au métier de graphiste.

L’idée séduit tout de suite Guillaume qui m’invite à en discuter. Nous nous rencontrons à l’école et le projet prend rapidement forme. Ce travail se réalisera sur le premier trimestre. Je viendrai ponctuellement pour expliquer le projet aux enfants puis pour définir les aspects visuels de chaque carte Pokémon. En parallèle, Guillaume travaillera les dessins et les texte de chaque enfant en classe. Et pour terminer, je synthétiserai tous ces éléments pour finaliser les cartes.

Premier tour d’horizon du projet avec Guillaume. (modèles originaux des cartes : © The Pokémon Company)

Explication du projet aux enfants

Je suis venu en classe pour illustrer le projet de création de cartes Pokémon aux enfants. L’idée était de leur montrer les différentes étapes du projet de manière ludique, tout en vulgarisant les grandes étapes du travail de graphiste.

Changement de décor par rapport à mon environnement habituel de travail 😀

Ce premier rendez-vous en classe était l’occasion d’aborder certaines notions du travail de graphiste :

• les calques : permettant d’empiler les modifications d’une image

• la roue chromatique : choisir ses couleurs en harmonie

• les textes de substitution : écrire en « lorem ipsum » pour se donner une idée du texte avant de l’avoir rédigé

Nous avons également parlé des dernières avancées du moment, notamment remplissage génératif par intelligence artificielle. Un petit exercice de vulgarisation que les élèves ont plutôt apprécié, car illustré en direct :

Illustration des outils disponibles qui permettront la personnalisation des cartes. (modèles originaux des cartes : © The Pokémon Company)

Travail en classe

C’est ensuite Guillaume qui a réalisé le plus gros du travail tout au long du trimestre avec les enfants :

  • Réaliser les illustrations de chaque « monstre » : Guillaume a proposé aux enfants de choisir plusieurs dessins d’animaux et de les mixer. Les enfants ont décalqué différentes parties d’animaux et les ont mélangés pour créer leurs propres chimères. Ils les ont ensuite colorié.
  • Rédaction des textes : chaque enfant a imaginé une courte biographie de son monstre, ainsi que la description de son pouvoir magique. Ils ont également travaillé sur le nom de leur Pokémon sur la base de jeux de mots et de mélanges syntaxiques. Il fallait prendre en compte la limite de caractères disponible sur une carte type.
Les créations chimériques des enfants. (© les enfants de Boussières 😉)

Choix des couleurs par les enfants

Une fois les dessins terminés, Guillaume les a scannés et me les a envoyés. J’ai fait le détourage de chaque monstre, et quelques ajustements colorimétriques. J’ai pu ensuite intégrer chaque dessin sur un gabarit Photoshop. Le moment était venu pour retourner en classe afin que chaque enfant choisissent les couleurs de sa carte, ainsi que l’élément naturel auquel appartenait chaque monstre (vent, feu, électricité…)

Les enfants ont pu choisir les couleurs de leur carte – (modèles originaux des cartes : © The Pokémon Company)

Finalisation des cartes

Une fois les textes terminés, Guillaume me les a transférés afin que je les intègre. Afin de finaliser chaque carte, j’ai ajouté un fond en lien avec chaque élément. (feu, plante, électricité…)

Et pour finir de personnaliser ces cartes Pokémon, j’ai travaillé le verso des cartes pour obtenir une version vraiment unique avec le nom du village des enfants. 😉

(modèle original des cartes : © The Pokémon Company)

Après les dernières vérifications, Guillaume a envoyé les cartes en impression chez un imprimeur local. Il ne restait plus qu’à effectuer la livraison.

Après de nombreuses heures de travail, chaque enfant a pu ramener chez lui sa propre carte Pokémon en petit et grand format. Les enfants étaient fiers d’eux et ont pu partager cette expérience avec leurs parents. D’autant plus que Guillaume avait également préparé un dossier spécifique à chaque enfant avec toutes les étapes du projet.

Chaque enfant s’est vu remettre un dossier complet du projet conçu par Guillaume

Cette première intervention à l’école fut pour moi une très belle expérience. L’avantage d’un projet aussi ludique est qu’il embarque directement les enfants. C’est d’ailleurs assez rigolo lorsque je les croise dans la rue et qu’ils me demandent « quand est-ce que tu reviens à l’école ? » 😉

Ma première intervention à l’école, un très bon souvenir. 🙂

Pour conclure ce dossier, je vous met à disposition un gabarit Photoshop d’une carte Pokémon prête à modifier, pour créer votre propre carte :

>TÉLÉCHARGER le gabarit PHOTOSHOP gratuit

Second atelier Cartes Pokémons à l’école de Boussières

Deux ans ont passé depuis ma première intervention « Pokémon » à l’école de Boussières. C’est à présent le tour de ma seconde fille d’entrer en CE1. Il ne nous a pas fallu longtemps pour nous mettre d’accord avec Guillaume, son professeur, avec qui nous avions déjà organisé le premier atelier : nous allions proposer à nouveau le projet Cartes Pokémon aux enfants, mais cette fois-ci nous allions mettre la barre plus haut. 🏋🏻 Tout d’abord, les cartes Pokémons sont toujours aussi appréciées des enfants. Et forts de notre première expérience, nous savions qu’il y avait des aspects qui pouvaient être améliorés. Entrons directement dans le vif du sujet.

Contexte

Pour commencer, rappelons les grandes lignes du projet : permettre aux enfants de créer leur propre carte Pokémon (objet toujours indémodable dans les cours d’école), unique et personnalisée dans les moindres détails : textes, couleurs et personnage. Tout est réalisé par les enfants, accompagnés de leur professeur et moi-même. Le projet durera sur toute une période entre les vacances de février et celles de printemps.

Derrière cet aspect ludique (et très motivant pour les enfants) Guillaume et moi avons essayé de développer une activité transversale, touchant à de multiples aspects éducatifs :

• Aborder les arts graphiques. (réflexion sur la mise en page, découpage, assemblage, colorimétrie)

• Travailler la rédaction. (inventer un nom de Pokémon, une identité et une histoire à son personnage en respectant l’orthographe, la grammaire et en étant contraint sur un nombre de caractère limité)

• Développer l’imaginaire. (inventer des créatures chimériques construites à partir de morceaux de différents animaux, choisir l’élément représentatif, inventer une attaque spéciale)

• Apporter un petit aspect mathématique pour choisir le nombre de point de vie et d’attaque.

• S’entrainer à prendre la parole en public.

• Découvrir un métier. (graphiste)

• Satisfaction pour l’enfant de voir son travail concrétisé avec un objet réel qu’il pourra ramener chez lui. (une carte Pokémon unique !)

Pour découvrir la genèse de ce projet, veuillez vous référer à la première itération de ce projet scolaire.

Déroulé de la séquence

Il était prévu que je fasse 3 interventions :

• La première est une présentation à la fois du projet dans ses grandes lignes et également de mon métier de graphiste auprès des enfants. L’idée est d’expliquer simplement à quoi peut servir un outil comme Photoshop. Ce fut également l’occasion d’aborder quelques notions que les enfants utiliseront durant le projet (choix des couleurs, construction d’une image équilibrée…)

• La deuxième séance a été calée lorsque les enfants avaient terminé de dessiner leur animal imaginaire afin de pouvoir travailler les couleurs. Ils ont pu voir en direct comment faire varier les teintes de leur carte et trouver les nuances les plus harmonieuses.

• Enfin la troisième intervention est consacrée à la remise aux enfants des cartes finalisées et à la présentation de leur travail.

Améliorations apportées au premier projet Pokémon

En complément du premier projet réalisé deux ans auparavant, voici le détail des aspects que nous avons améliorés ou modifiés avec Guillaume :

  • La base d’image des animaux

Lors du premier atelier, nous nous étions rendu compte que les modèles d’animaux étaient plutôt jolis mais un peu trop détaillés. Cela n’avait pas aidé certains enfants pour découper les différents morceaux de leur animal imaginaire. De plus, le rendu final donnait parfois l’impression d’être trop chargé. J’ai donc fait une recherche de nouveaux animaux avec un peu moins de détails.

Cette base d’images s’est révélée plus pratique à travailler pour les enfants avec un rendu au final un peu plus lisible.

  • Les couleurs

Au rendu final du premier atelier, nous avons fait le constat que tout était coloré… très coloré ! 🤪En effet, nous n’avions pas donné de consignes particulières pour le choix des couleurs. Par conséquent, les enfants s’en étaient donné à cœur joie ! Et on ne peut pas leur reprocher leur créativité ! Pour cette nouvelle édition de l’atelier, nous avons réfléchi à proposer un travail plus construit autour des couleurs. J’ai donc présenté aux enfants une roue chromatique, avec laquelle je leur ai expliqué l’harmonie des couleurs.

Nous avons abordé les couleurs complémentaires pour expliquer aux enfants comment créer un visuel attrayant. L’idée a été de leur demander de trouver une couleur principale, puis d’y ajouter une couleur complémentaire harmonieuse grâce à la roue des couleurs. Exemple à l’appui avec de vraies cartes Pokémons, les enfants ont pu constater que bien souvent il y a essentiellement 2 couleurs principales, qui sont complémentaires.

Ces couleurs seraient ensuite utilisées à la fois sur l’animal et sur le fond de la carte. Avec cette nouvelle règle, il faut bien avouer que les créations de ce second atelier se sont révélées beaucoup plus travaillées et structurées chromatiquement parlant.

  • Le cadrage

Afin de mieux occuper l’espace dédié à l’animal, nous avons fourni des gabarits aux enfants pour qu’ils se rendent compte de la surface dont ils disposaient. Ceci à faciliter leur travail. Lors du premier atelier, certains enfants avaient fait de très belles chimères mais elles étaient disposées verticalement, alors que le cadre lui était horizontal. On s’était donc parfois retrouvé avec des cadres un peu vides. Cette fois-ci la surface disponible a été beaucoup mieux optimisée et les animaux imaginaires des enfants ont eu une taille optimale.

  • Textes et nombres

Dans la même réflexion, nous avons établi un nombre de mots approximatif à ne pas dépasser, pour ne pas que le texte soit affiché trop petit sur la carte.

Pour les niveaux de Point de Vie et Point d’Attaque, nous avons également proposé une nouvelle règle. Durant la première année, il n’y avait pas eu de limite. Donc beaucoup d’enfant avaient gonflé leurs niveaux au maximum. 😂 Pas très équitable pour ceux qui étaient restés modestes. Cette année, la règle était simple : chaque enfant disposait de 999 points à répartir entre les points de vie et les points d’attaque. Ceci leur a permis au passage de faire un peu de mathématique et de rendre cet atelier encore plus complet.

Étape par étape

Voici les différentes étapes travaillées par les enfants en classe.

• Création de l’animal chimérique : découpage, collage, tracé et mise en couleur.

Écriture des textes

• Carte terminée

Soutenance de fin de projet

Enfin, en discutant avec Guillaume, on s’est dit qu’il serait intéressant d’organiser une petite soutenance en ma présence, où chaque enfant présenterait sa carte terminée et expliquerait ses choix d’animaux, de couleurs et d’autres détails qui lui sembleraient intéressants.

Soutenance du projet Cartes Pokémon par les enfants

Ce fut un exercice très enrichissant pour les élèves. Ils ne sont en effet par forcément habitués à prendre la parole avec une personne étrangère à la classe (moi en l’occurrence 😅) Les enfants étaient très motivés et passionnés pour expliquer leur travail, même les plus timides. Ce fut vraiment une belle façon de terminer ce projet.

Toutes les cartes réalisées par les enfants pour cette seconde édition de l’atelier Cartes Pokémons.

Encore une belle aventure partagées

Globalement, j’avoue avoir été bluffé par la qualité du travail fournis par les enfants. Certes on avait mieux préparé l’atelier mais les enfants ont été très créatifs et étaient motivés à bloc. (Combien de fois j’ai été interpellé dans la rue par les enfants pour savoir quand avait lieu la prochaine intervention en classe… 😉)

Personnellement ce fut à nouveau un grand plaisir pour moi d’organiser cet atelier conjointement avec Guillaume. Le premier épisode avait déjà été très plaisant, nous savions donc que nous pouvions améliorer encore la formule. C’est un réel bonheur de voir les enfants aussi impliqués dans une ambiance studieuse et joyeuse. Enfin, ce genre de projet permet de se sentir vraiment utile.

Le clou du spectacle s’est déroulé pendant l’exposition des œuvres d’arts des enfants à l’école en fin d’année avec la présentation de toutes les cartes Pokémons.

Enfin je vous propose un gabarit Photoshop à télécharger gratuitement pour créer votre propre carte Pokémons.

Pour marque-pages : Permaliens.

2 Commentaires

  1. Bonjour,

    Je vais le faire pour mes enfants, vancaces d’été. Merciiii

  2. Merci pour votre message !

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